Taux d'intérêts réels négatifs : de la martingale au krach

On voit fleurir de nombreux articles sur internet qui incitent à s'endetter toujours plus à taux fixe compte tenu du fait qu'il y a à la fois un retour de la croissance et de l'inflation, avec des taux au plancher.

https://www.leblogpatrimoine.com/immobilier/prix/valoriser-son-patrimoine-sans-effort-grace-aux-taux-dinteret-reels-negatifs.html

On peut y lire les éléments suivants:

Valoriser son patrimoine sans effort grâce aux taux d’intérêt réels négatifs

Cela signifie tout simplement que la croissance + inflation devraient naturellement être la source de la valorisation du patrimoine des emprunteurs. C’est l’inflation et la croissance qui rembourseront le crédit immobilier.

Mais aussi les commentaires suivants :

"Si la croissance et l’inflation ne sont pas répercutées sur les salaires du plus grand nombre, cela signifie que le pouvoir d’achat de chacun diminue à cause de l’inflation. En quoi cela aide t il à rembourser « tout seul et sans effort » son crédit et à valoriser son patrimoine ?"

Après les excès de 2008, les taux de croissance anémiques devraient inciter à la plus grande prudence. Si on complète cela par le cocktail crise des émergents et crise de la dette en zone Euro, on se demande bien à quoi peuvent mener ce genre de conseils. Il est vrai que l'argent en banque n'est pas garanti, mais si les banques font faillite, aucun actif acheté à crédit sur longue période ne sera une "bonne affaire" au prix actuels, car il faudra continuer à rembourser aux banques pendant des années un actifs surévalué.

Il n'y a aucune protection contre les taux d'intérêts réels négatifs pour l'épargnant excepté les actifs mobiliers, mais à mon avis c'est déjà trop tard. Je ne vois pas comment les taux longs pourraient être maintenus encore aussi bas pendant une décennie de plus. Il n'y aura nécessairement une correction du prix des obligations qui obligeront à revoir complètement notre modèle d'économie dopée au crédit facile. On a vu qu'en quelques semaines un pays comme la Turquie pouvait être déstabilisé alors même qu'il a profité de ces excès de crédit pendant une décennie. Ce type de résultat doit alerter sur ce mirage que constituent les taux bas, et ce en particulier dans l'immobilier. Les revenus net d'impôts ne font que baisser au fil des années, et vouloir s'endetter sur des périodes toujours plus longues fait peser un risque inconsidéré aux ménages.

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